14/03/2022

L'aquiarium le plus cher du monde se trouve dans le 16ème !

A 15 jours de l'ouverture si attendue du nouvel Aquarium du Trocadéro, un fidèle lecteur de Paris16info et du Parisien, Yvan, nous alertait hier en commentaire d'une information publiée le week-end dernier dans le grand quotidien francilien : le prix du billet d'entrée, annoncé aux alentours de 13 € (ce qui est déjà une belle somme), devrait finalement grimper à 25 € !

L'article de Benoît Hasse intitulé Aquarium du Trocadéro : les requins sont à la caisse est un véritable pavé dans la mare qui risque d'éclabousser plus d'un responsable politique, de l'actuelle comme de la précédente municipalité parisienne. L'article n'étant pas disponible en ligne, Yvan à bien voulu nous envoyer une retranscription :

"Grand, beau, sans doute fascinant... mais très cher ! L'aquarium du Trocadéro, qui ouvrira ses portes au public dans moins d'un mois, n'est pas franchement un équipement « grand public ». Pour parcourir le site construit sous la colline de Chaillot (XVI e) et connaître l'ivresse des profondeurs, les visiteurs devront débourser pas moins... de 25€ ! Un ticket d'entrée qui place le futur grand aquarium de Paris parmi les plus onéreux de sa catégorie (notre infographie). Loin devant l'aquarium historique de Monaco, devant celui de Londres (pourtant géré par la même société) ou même devant l'Oceanogràfic de Valence, présenté comme le plus important site d'Europe.

« Nous savons que nous allons demander aux visiteurs une somme conséquente », reconnaît Mathieu Granet, directeur financier de la Société d'exploitation de l'aquarium du Trocadéro (Seat) - une filiale du groupe japonais Morita - qui a construit le nouvel équipement. « Mais nous pensons que la prestation proposée (la visite de l'aquarium bien sûr, mais aussi un complexe cinématographique, un restaurant...) le mérite. » Autre explication : la société qui a investi 45 millions d'euros au Trocadéro devra rendre les locaux à la Ville de Paris à l'issue d'un bail de trente ans. « Nos tarifs doivent nous permettre de rentabiliser l'aquarium et de gagner de l'argent dans ce délai. Nous ne sommes pas un musée subventionné », rappelle le financier de l'entreprise Morita. Une allusion à l'invraisemblable imbroglio juridico-économique qui a émaillé le dossier de construction de l'aquarium, lancé en 1998 par l'équipe Tiberi. Dès cette date, un industriel, écarté du marché, avait attaqué la délégation de service public attribuée à la société Morita dans des conditions jugées douteuses. La procédure judiciaire a abouti à l'annulation du contrat en 2004... alors que l'aquarium était presque terminé. Gênant. « L'équipe Delanoë aurait dû rompre le contrat » Pour éviter le naufrage, l'actuelle municipalité a transformé, en catastrophe, la délégation de service public de Morita en un bail de trente ans... et le dossier s'est poursuivi. « Ce tour de passe-passe administratif est lourd de conséquences, s'indigne Jean Dachary, le constructeur d'aquarium à l'origine de la procédure judiciaire. L'équipe Delanoë aurait dû rompre le contrat, passé par Tiberi, quand il en était encore temps. Au lieu de ça, on a laissé faire. Et le site conçu à l'origine pour le grand public s'est transformé en un équipement privé aux tarifs prohibitifs. C'est le public qui en fera les frais. Qui est prêt à payer 25€ pour visiter un aquarium ? »

Yves Contassot, l'adjoint (Verts) en charge du dossier à la mairie de Paris, se pose la même question. Mais il reconnaît que l'annulation de la délégation de service public a privé la Ville de tout moyen de pression sur les gestionnaires de l'aquarium. « Ils nous disent miser sur les touristes. J'ai peur qu'ils se trompent. On ne vient pas à Paris pour ça. Il y a une seule tour Eiffel au monde. Des aquariums, il y en a partout. » L'ouverture du site du Trocadéro, la chronique d'un flop annoncé ?

Alors que beaucoup fourbissent déjà leurs arguments en vue des prochaines élections municipales, à droite comme à gauche, le silence sur ce dossier est assourdissant. Bertrand Delanoë qui affirmait fièrement à la population du 16ème, lors de son dernier compte-rendu de mandat, avoir réussi mener à bien la réhabilitation de l'Aquarium du Trocadéro alors que ses prédecesseurs n'y étaient pas parvenu en plus de 20 ans, se trouve singulièrement démenti. Pourtant dans les rangs de l'actuelle opposition municipale pas un mot ou presque ! Etonnant non ?

 

par Antoine

 

+ pour info, notre précédent article sur le sujet, pas le premier et certainement pas le dernier.

Commentaires

Vu l'heure tardive, je n'ai lu que les premières lignes, mais je sens que la cours des comptes va encore se régaler !
Entre la piscine Molitor et l'aquarium du Trocadéro, je crois que le 16ième devrait s'acheter des bouées :-((

Écrit par : elek | 15/03/2022

tarif et horaire svp

Écrit par : robin | 30/04/2022

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